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Actualités sur les plantes

MALADIE SUR LES EUCALYPTUS
 
Depuis quelques années un groupe de champignons du genre Puccinia (notammen P. psidii) affecte la majorité des espèces de Myrtaceae originaires du quart Sud-est de l'Australie, depuis le Queensland jusqu'au Victoria. Les principaux genres concernés sont Callistemon, Melaleuca et Eucalyptus.

Les plantes infectées sont couvertes de coussinets jaunes ou orangés d'aspect pulverulents surtout sur les jeunes feuilles. Afin d'éviter la propagation aux autres Etats, les autorités sanitaires ont interdit l'exportation des graines des espèces originaires de cette région. Or c'est de là que proviennent la majorité des espèces d'eucalyptus rustiques dans notre pays. En conséquence, l'approvisionnement en graines de beaucoup d'espèces est devenu impossible ou beaucoup plus cher par manque de stations indemnes. Dans le meilleur des cas on trouve des plantations de certaines espèces en Australie Occidentale mais les prix se sont fortement envolés faute de quantités suffisantes pour satisfaire la demande mondiale.

J'ai essayé de maintenir la vente de graines de ces espèces mais dorénavant la quantité contenu dans le sachet ne sera plus de 0,5 g mais au paquet, sans indication de poids. Chaque paquet contient toutefois suffisamment de graines pour assurer la croissance d'une bonne dizaine de plantes. Pour en savoir plus.
RAREFACTION DE CHENES ASIATIQUES
 
Plusieurs espèces de chênes asiatiques (surtouts des persistants) vont disparaître des cultures européennes dans les prochaines années parce qu'il n'y a plus de collecteurs dans les régions d'origine. De plus, si jusqu'à présent il était possible de trouver divers grossistes sérieux en Chine, en Inde ou au Japon cela est désormais du passé.

En conséquence la culture des espèces suivantes est directement touchée par cette situation puisqu'il n'est plus possible d'importer des graines collectées dans le milieu naturel (donc non polluées génétiquement comme dans des collections). Au regard des données en ma possession et dans le meilleur des cas, la reprise de leur mise en culture ne saurait avoir lieu avant 2015-2016 pour une disponibilité à la vente en 2016-2017.

Je me permets donc de conseiller à tous les collectionneurs potentiels de prendre cette information au sérieux car ces espèces vont rapidement devenir introuvables à des prix raisonnables. Actuellement certaines espèces sont définitivement épuisées (glauca, leucotricophora, myrsinifolia) et d'autres en passe de l'être (phillyreoides et serrata).

Je vous rappelle qu'une telle situation existe déjà sur toutes les espèces non européennes de pins depuis janvier 2008 (voir l'article ci-après) mais aussi sur d'autres espèces de chênes pour lesquelles j'avais également averti les passionnés que vous êtes ; constatez qu'on ne trouve plus en culture les espèces suivantes que je produisais pourtant régulièrement : canariensis, hartwissiana, ithaburensis, macranthera, pontica ou trojana.

Les principales espèces concernées par cette pénurie sont :
Quercus gilva
Quercus glauca
Quercus leucotricophora
Quercus myrsinifolia
Quercus phillyraeoides
Quercus serrata
 
Hybridations : Bien sûr vous risquez de trouver des plants dans d'autres pépinières mais dans ce cas, avant d'acheter, renseignez-vous sur l'origine réelle et habituelle de leurs graines sachant que peu de pépinières achètent leurs graines directement dans les pays d'origine comme je le fais avec la conséquence évidente d'une plus large variabilité génétique de mes plants. En effet, beaucoup de plantes issues de semis sont souvent obtenues à partir de graines récoltées dans les collections européennes. Dans la majorité des cas, le risque d'hybridation est très fort puisque toutes les espèces de pins et de chênes, genres sur lesquels portent les restrictions, s'hybrident facilement. Hélas pour vous, vous ne vous en rendrez compte que dans plusieurs années. Or il est économiquement plus avantageux de se procurer des graines européennes pour lesquelles il n'y a ni frais de transport importants ni tracasseries administratives lors de l'importation de pays tiers. Par définition, les graines que j'achète coûtent bien plus cher que celles récoltées ça et là dans des arboretums !
IMPORTANT PROBLEME SUR LES PINS
 
En raison de la découverte d'une contamination par Gibberella dans une plantation de Pinus radiata dans le nord de l'Espagne, la communauté européenne a interdit depuis janvier 2008 l'importation de graines de toutes les espèces du genre Pinus. En théorie et pour être plus exact, les importations sont soumises à la présentation d'un certificat phytosanitaire établi par le pays d'origine qui certifie que les graines ont été récoltées dans des zones non contaminées. Dans la pratique et parce que la loi et les méthodes de contrôle ne font pas la différence entre l'importation des semences destinées aux forestièrs qui importent plusieurs dizaines de kilos sur seulement 3-4 espèces et l'importateur de petits lots d'espèces ornementales (25 et 500 g), les fournisseurs étrangers ne souhaitent pas s'embarrasser d'une telle paperasse et donc décident de ne pas expédier ces graines. Cela revient donc bien au résultat d'une interdiction !

Il est évident que face au danger de contamination de nos forêts, on ne pourrait qu'approuver ces mesures. Pourtant, il est regrettable qu'aucune solution n'ait été étudiée pour permettre à la filière ornementale de continuer sa mission du maintien de la biodiversité sur le territoire européen et que seul le poids économique de la filière bois ait été pris en considération bien que seules 3-4 espèces sur 3 foyers dans le monde soient concernées. Toute interdiction totale ne peut qu'être préjudiciable à tout le monde car elle ouvre la porte à un marché parallèle des semences qui, de fait, entrent en Europe sans aucun contrôle et sous un autre nom. Au bout du compte, on aura indirectement favorisé l'introduction des germes incriminés au lieu de contrôler les flux avec bon sens.

En conséquence la majorité des espèces extra européennes sont devenues introuvables en culture ou presque. D'ailleurs, il est fort probable que dans un avenir proche, ces mesures soient étendues à d'autres genres dont les chênes (Quercus) ce qui signera la fin de la diversité conservatoire et botanique notamment dans notre pays ! Alors parler de biodiversité dans les médias n'est que de la communication politicienne et technocratique de responsables en quête d'une image dans le vent mais il n'y a rien sur les moyens à mettre en place pour aider ceux qui agissent !