Traduction frTraduction gbTraduction es

Les plantations

 Une fois de plus, en théorie, vous pouvez planter toutes les espèces du catalogue toute l'année. En effet elles sont vendues en tube ou en conteneur et de ce fait les racines n'ont pas été cassées par un arrachage en pépinière. Toutefois, plusieurs cas peuvent se présenter :
 
  1. Vous êtes absent pendant l'été et vous ne disposez pas d'un arrosage goutte à goutte en pleine terre. Solution : plantez en automne ou en hiver.
  2. Vous êtes absent pendant l'été et vous disposez d'un arrosage goutte à goutte en pleine terre. Solution : plantez quand vous voulez
  3. Vous êtes absent pendant l'été et vous demandez à quelqu'un de venir arroser. Solution : plantez en automne ou en hiver ou rempotez dans un gros pot qui ne sera pas oublié.
  4. Il y a toujours quelqu'un pour arroser. Solution : plantez quand vous voulez.

Quand vous recevez une plante dans un tube forestier, vous pouvez l'installer directement en pleine terre si elle est suffisamment développée pour que vous puissiez la repérer et éviter la tondeuse ! En théorie tous les ligneux de 2-3 ans peuvent être plantés directement mais dans le cas de certaines espèces à croissance lente notamment les premières années, il vaut mieux rempoter un an dans un conteneur. Bien sûr vous enlevez le plastique en le fendant avec un cutter et non pas en tirant sur la plante. Tout est affaire de bon sens et n'oubliez pas de l'arroser régulièrement surtout s'il fait sec, ses racines ont besoin de s'installer pour que la plante soit autonome. Si vous devez arroser un pot pendant l'été il sera préférable de planter vos arbres et de les arroser en pleine terre car la motte se dessèche beaucoup moins dans le sol que dans les pots surtout si le soleil y tape toute la journée. Dans tous les cas, la pépinière ne sera pas tenue pour responsable de vos échecs de plantation, il existe suffisamment d'ouvrages de vulgarisation dans le commerce qui enseignent les bases, il suffit de s'y intéresser.

Avertissement particuliers

Certaines espèces sont particulièrement fragiles les premières années à cause de plusieurs facteurs biologiques et écologiques inhérents à chacunes. Pour plusieurs et notamment celles qui possèdent des parties aromatiques, il faudra se méfier des gastéropodes (limaces et escargots) qui en une nuit peuvent tuer la plantule. C'est le cas des genres Asimina, Calycanthus, Chimonanthus, Firmiana, Hovenia, Lupinus ou Zanthoxylum par exemple.

Dans le cas des Protéacées la culture est difficile pour un débutant et les jeunes plants risquent de ne pas passer l'année si vous ne vous êtes pas documenté auparavant ou si vous n'en faites pas l'expérience. Qui parle d'expérience parle OBLIGATOIREMENT d'échecs et si vous débutez dans ces plantes australes vous en perdrez un certain nombre avant de réussir leur culture. C'est à peu près équivalent aux échecs que vous pourriez avoir si vous débutez dans la culture d'orchidées ou de plantes carnivores et même de certains bonsaïs.

Pour d'autres à feuillage persistant ou semi-persistant souvent en limite de rusticité, c'est une sorte de dessèchement au printemps qui peut poser problème : en effet, les plantules peuvent avoir souffert pendant l'hiver (pas nécessairement du froid mais à cause de leur biologie) et souffrir d'un printemps trop chaud ou trop sec qui inhibe leur démarrage. Ces plantes commencent par perdre leurs feuilles si elles ne l'ont pas fait pendant l'hiver puis ont du mal à émettre les nouvelles feuilles. Il ne faut donc pas les rempoter à cette période mais les placer sous un ombrage doux. En général les premières feuilles n'apparaissent que fin mai-début juin si elles ont gardé assez de sève pour fabriquer les premières racines. Il faut alors éviter les substrats trop riches en humus (terreau) qui favorise les champignons pathogènes pour les nouvelles racines. Sont dans ce cas beaucoup d'espèces surtout de climat doux et humide telles que certains érables (coriaceifolium, laevigatum, oblongum), quelques pins (greggii, koraiensis, hwangshanensis, patula, resinosa), certains chênes persistants (arizonica, canbyi, chrysolepis, gilva, glauca, myrsinifolia, rysophylla, virginiana), Sapindus, Sapium ou Umbellularia par exemple. A l'inverse un printemps froid et très pluvieux ne favorise pas l'émission des radicelles qui pourrissent au fur et à mesure de leur sortie jusqu'à épuisement de la plante.

Lorsque vous achetez ce genre de plante entre décembre et mai, tenez compte de ces remarques et évitez de casser la motte ou éventuellement de les rempoter si je vous indique sur le bon de livraison de ne pas le faire. En effet c'est en février-mars que je termine le rempotage des jeunes plants qui sont dans les conteneurs de semis et donc le fait de les rempoter une seconde fois à réception peut provoquer un endommagement et une contamination irréversible des radicelles qui commencent à sortir. Peu de temps après vous les verrez d'abord sècher lentement puis brunir. La majorité des gens arrosent donc abondamment pensant qu'il s'agit d'un manque d'eau et accélèrent ainsi la mort de la plante : vous ne favorisez que les champignons du sol. Cette remarque est d'ailleurs valable pour toutes les plantes : en général on arrose toujours trop et on utilise trop de terreau ! Placez-les à mi-ombre et arrosez souvent mais peu à la fois voire vaporisez la tige et les feuilles si l'air est trop sec longtemps et n'utilisez jamais un terreau brut pour le rempotage ; préférez une bonne bonne terre de jardin avec un bon drainage.

C'est ainsi pour toutes ces catégories de plantes et la pépinière n'en est pas responsable. Dans les plantes de collection il faut reconnaître non seulement l'effet imprévisible de la variabilité génétique des individus (nous travaillons à partir de semis) mais aussi la part non négligeable de nombreux facteurs cumulables qui ne saurait être imputables à la pépinière. Si vous n'êtes pas disposé à accepter cette possibilité d'échec et donc à en partager les risques, je vous conseille de ne pas acheter ces espèces trop délicates en jeunes plants. Vous pouvez m'en faire part en demandant une réservation de plants plus âgés mais aussi ... plus chers et avec acompte pour la mise en culture éventuelle si elles ne sont pas en stock ! Ayez toujours en mémoire que si une plante est rare ou au moins peu fréquente en culture dans les pépinières, c'est qu'il y a forcément une raison qui est souvent la difficulté et donc la non rentabilité de sa culture. Ce n'est pas en s'arrêtant au premier échec et en accusant le pépiniériste que vous la cultiverez. Moi aussi j'en perds mais je persévère !