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Salix ou saules

Salicophiles ?       

L'êtes vous ?
      Quésaco ?  Déviance d'ordre psychique ?  Rassurez vous....!
                        Rien de malsain, bien au contraite, si vous en êtes !

                                        Le salicophile est un amoureux des ... … saules !

 



On connaît la passion des paysagistes et
jardiniers anglais pour

 

le saule pleureur
Salix x sepulcralis 'Chrysocoma'

 

durant le XIXème siècle


 

      
 

Mais la salicophilie c’est plus que cela ; voila pourquoi :

 

1/  Les saules, ce sont des arbres de tous les records !
 

         L’un des plus vieux pollens de dicotylédones récolté s’avère être celui d’un saule arctique. Datant de près de 100 millions d’années, cela en fait un des ancêtres parmi les angiospermes ( plantes à fleurs) ligneux actuels de climat tempéré.
       Ils ont donc traversé bien des vicissitudes et sont capables de s’adapter, notamment, aux endroits les plus froids, humides et venteux de la planète ; son record en latitude 83 °L. N à 700 Km. du pôle nord le prouve !

 

 

Chez les saules, vous trouverez aussi
 

l’arbre réputé le plus petit au monde :

Salix herbacea 1 mm. !!!


 

   Les saules sont des baroudeurs, des pionniers préparant le terrain, à la nature duquel ils sont plus ou moins indifférents, pour d’autres végétaux dont ils ne supportent pas la compétition par horreur de l’ombre.

 

 

 

   Les espèces naines d’origine
artico-alpine comme

Salix retusa 

sont en général rampants, stabilisent pierriers et matières organiques et peuvent courir sur des dizaines de mètres et en faire aussi des plantes records pour leur envergure.
  .

 
       
 Record de croissance aussi pour

Salix alba Calva, l’arbre des battes de Base-ball,

pour des rotations de culture sur 7 ans et ses 15 m atteints .

2/ le saule; Sexes et symboles:

       Dans certains cas, ils sont capables de s’auto bouturer comme Salix fragilis au bois cassant s’enracinant sitôt à terre.
 


Ils négligent la multiplication sexuée qui pour eux est un peu spéciale
puisqu’ils sont dioïques c’est à dire que
fleurs mâles et fleurs femelles
sont portées par des pieds différents
.
 
       Cette apparente complexité est compensée par une facilité de bouturage déconcertante et un quasi contournement de la multiplication sexuée puisque les graines ne survivent que quelques heures dans l’atmosphère.
       Cela en fait un arbre symbole de chasteté autant que
 

le saule pleureur est synonyme de mélancolie,
 

image de marque qu’il «traîne» depuis le départ des juifs de la mythique Babylone.
        Notez au passage que Napoléon vouait à cet arbre romantique un si grand intérêt que son désir de se voir enterré près de sa plante fétiche fut comblé. Tant et si bien, qu'un certan nombre de ces visiteurs anglais auprès de sa tombe « empruntèrent » quelques boutures pour les ramener dans la grande île qui se vit ainsi envahir, pacifiquement mais quand même, par notre esprit napoléonien.
 

3/  Attraits des saules :

 

       Les chatons de saules, véritables joyaux de l’hiver

en nos jardins septentrionaux fournissent un pollen, à ajouter à noisetiers et cornouillers mâles, de quantité et de qualité fort appréciés des abeilles et donc des apiculteurs notamment grâce aux variétés tardives ou remontantes telles que :
 

Salix triandra « Semperflorens’.

 

Le saule que les apiculteurs

apprécient car il fleurit 4 à 5 mois pas an.
 Des rameaux de toutes couleurs en font un élément fort du paysage hivernal de nos régions :
jaune, orange, rouge bien sûr mais aussi blanc, violacé, noir, olive, marron…


 

Salix x rubens sanguinea

     
 
 Les branches sont souples, tortueuses ou érigées et les ports donc fatalement beaucoup plus variables que le si renommé saule pleureur
ne le laisse penser. 


 

Salix fragilis 'Bullata'

 

 
  Il convient de découvrir au chapitre des arguments horticoles la très grande variabilité du feuillage ;
saule à feuille de prunier, d’aubépine, de romarin, d’if…
qui fait de notre saule une sorte de plante caméléon
sans oublier quelques beaux feuillages printaniers


 

Salix babylonica 'Crispa'

 
       Le bois est si tannique que les rongeurs le détestent, ce qui en fait une excellente plante de haie.
N’oublions pas que jusqu’au milieu de XIX siècle, c’est du saule qu’on tirait

l’acide salicylique c’est à dire l’aspirine

tiré du nom de la spirée, autre élue de nos cœurs dont nous détenons la collection nationale .
En fait cette spirée n'en est plus une puisqu'il s'agit de la reine des prés ou filipendule.
 


4/ Le saule, bon à tout faire : 
  

Les premières sélections de saules remontent au néolithique. Les peuples chasseurs, pêcheurs et cueilleurs utilisaient et surtout sélectionnaient les saules suivant des caractéristiques dont n’étaient pas absents des notions de technologie génétique.
 
 Le saule est encore utlisé dans les oasis des déserts froids pour tempérer le climat comme le palmier dans les déserts chauds.
Le gros bois servira pour l’habitat, le plus petit pour le chauffage et la cuisson, les belles baguettes pour tresser paniers, nasses et contenants divers, les feuilles comme fourrage d’hiver et jusqu’à la bourre de graines des saules qui sera utilisé comme succédané du coton pour confectionner les oreillers.

Pas étonnant que sous ces climats froids, le saule est son jour dédié comme en Ecosse ou en Russie.

 
 
 On trouve, encore ici et là
ces vénérables

saules têtards

appelés aussi

« trognes »

dans les régions humides.
 
Ils sont souvent le reliquat de
ces pratiques et leur protection et même leur sauvetage est devenu une mission d’intérêt public dans ces belles régions au climat frais.

 
 
Plus proche de nous,

les TTCR (Taillis à Très Courte Rotation)

fournissent, grâce à ce taux de biomasse exceptionnel sous les climats du nord de l’Europe, de quoi faire tourner les chaudières des centrales électriques révélant ainsi un des plus écologiques combustibles actuels.
Un plan saule-biomasse est d’ailleurs en action en nos départements du Nord Est.
                                                  Des matériaux composites sont à l’essai.
 

5/ La vannerie verte :


            On réemploie maintenant en les mettant
au goût du jour ces vieilles techniques utilisant les vertus de souplesse et de recépage de nos saules

: tressage, plessage, palissage…

utilisées pour le maintien des sols.
 
l
 l’habillage de bordures ou de panneaux verticaux ou de contenants divers. On apprend ces techniques à

l'école nationale de vannerie Fayl Billot

située en Champagne au sud de Langres
 
       Des stages d’initiation à ces techniques peuvent être organisés 
au Centre Botanique de la Presle
le dernier WE de mars pendant l’évènement appelé 

 « Saulitudes ».

       Vous pouvez de toutes façons et pendant toute l’année découvrir cette

  collection de saules au jardin botanique de la Presle.

 

                                                                  
 A nous, à vous d’utiliser et perpétuer cette plante compagne de l’homme,
au même titre que la vigne,
le blé, l’olivier, le riz, le maïs ou le bambou …
et de maintenir activement notre si fragile biodiversité
.

 
  

Livre sur les saules :

Depuis ce printemps 2016 un livre sur ce si généreux saule (édition deTerran) est disponible dans votre libairie ou sur ce site.